Par le Lieutenant de vaisseau Michael McWhinnie
![]() Photo : Ltv Michael McWhinnie Alors que le NCSM Charlottetown se prépare à se ravitailler en mer, l’officier de navigation, le Ltv Nadia Shields prend un azimut et le commandant, le Capf Craig Skjerpen, surveille l’approche par la frégate du navire de ravitaillement italien Etna. |
Brusquement, un jet de flamme s’élève de la mer à une certaine distance au sud. Après quelques secondes d’ascension, la lueur brillante s’évanouie alors que le missile de croisière largue son booster et commence son vol programmé. Le premier Tomahawk est en route.
Les conversations sont plus discrètes qu’on pourrait s’y attendre; la gravité du moment n’est pas perdue par ces témoins. Peu importe ce qu’ils imaginaient lorsque le navire à quitté Halifax, ce n’était pas ceci.
Le NCSM Charlottetown a quitté son port d’attache le 2 mars 2011 à 24 heures de préavis, chargé de joindre l’Opération Mobile dans la Méditerranée pour appuyer l’évacuation d’urgence des ressortissants étrangers — en particulier les Canadiens — de la Libye. L’équipage a fait ses préparatifs et fait ses adieux aux familles et amis sans aucune idée de la date de retour.
La mission a changé le 9 mars 2011 avec la conclusion réussie de l’évacuation militaire au cours de laquelle les équipages canadiens ont ramené 191 personnes en sécurité à bord de six vols effectués en 11 jours. Anticipant des besoins futurs, le Charlottetown a poursuivi son transit de l’océan Atlantique.
« Nous avons toujours dit que la flexibilité est la clé de la puissance maritime, » a déclaré le commandant du Charlottetown, le Capitaine de frégate Craig Skjerpen, avec un grand sourire. « Nous insistons de nouveau sur notre préparation à rendre une aide humanitaire, mais nous maintenons notre trajectoire initiale, au sens littéral. »
![]() Photo : Cpc Chris Ringius Le NCSM Charlottetown se dirige vers son rendez-vous avec le SNMG1 dans le centre de la Méditerranée. |
Au cours du transit de la Méditerranée occidentale, l’équipe a suivi toutes les sources de nouvelles disponibles pour obtenir des détails sur l’évolution de la situation en Libye. Lorsque la nouvelle a atteint le navire que le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté la Résolution 1973 autorisant la communauté internationale « à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils, » peu de temps après a suivi l’annonce du gouvernement du Canada qu’un détachement de chasseurs CF-18 serait envoyé pour aider à imposer une « zone d’interdiction de survol. »
Alors que le premier missile Tomahawk débutait son vol, une autre lueur naissait et s’élevait dans le ciel nocturne, suivie d’autres. Au matin, le public était informé que des navires et des sous-marins de la flotte de la coalition avait tiré plus de 110 missiles de croisière contre des cibles militaires en Libye et les médias spéculaient sur la possibilité d’un blocus naval.
Pour l’équipage du Charlottetown, deux choses sont claires : tout peut arriver ici, donc, la flexibilité est la clé ; et peu importe ce qui se produira, ils sont aux premières loges.
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