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Opérations

Exercices à l‘étranger: Des frégates de l’OTAN affrontent le Grand E

Le 10 avril 2012

Par l'enseigne de vaisseau de 1er classe Emily Todd

Tous les émetteurs du NCSM Charlottetown se font silencieux. Pas de radar, pas de transmissions du système d'identification automatique, pas de communication, rien. Une détection trop rapide serait catastrophique.

Low-resolution photo.
Photo: U.S. Navy

De gauche à droite : le croiseur lance-missiles USS Vicksburg (CG 69), le porte-avions USS Enterprise (CVN 65), la frégate NCSM Charlottetown (FFH 339), la frégate FGS Rheinland-Pfalz (F 209) et la frégate HNLMS De Ruyter (F 804) s'installent en formation.

Un puissant ennemi vient de sortir du détroit de Gibraltar et chasse les quatre frégates du 1er Groupe de la Force navale permanente de réaction de l’OTAN (SNMG1) : le HMNLS De Ruyter, des Pays-Bas, à titre de le porte-drapeau, le NCSM Charlottetown, du Canada, le FGS Rheinland-Pfalz, de l’Allemagne, et le SPS Álvaro de Bazán, de l’Espagne.

Mais qui est donc cet ennemi, vous demandez-vous?

Commencez les serrements de gorge et envoyez la musique dramatique : c’est le groupe aéronaval d’attaque du USS Enterprise. On parle d’une puissance de feu spectaculaire, là : le croiseur lance-missiles USS Vicksburg; trois destroyers de classe Arleigh Burke, le USS Nitze, le USS Porter et le USS James E. Williams et, bien sûr, le Grand E lui-même, le porte-avions USS Enterprise.

Sérieusement désavantagé, le seul véritable espoir du SNMG1 est de trouver l’ Enterprise et ses compagnons et de tirer en premier. Fort heureusement pour les navires de l’OTAN, il s’agit là d’un exercice, et non d’un univers parallèle.

C’est le 24 mars 2012 et le SNMG1 et le Groupe aéronaval d’attaque du USS Enterprise profitent d’une rencontre en mer Méditerranée pour mener un exercice de combat en groupes. Pendant 24 heures, la mer Méditerranée se transforme en zone de guerre simulée.

« Notre mission consiste à détecter, à signaler et à détruire le groupe aéronaval d’attaque américain, et la priorité est bien sûr le USS Enterprise, la pièce maîtresse », explique le lieutenant de vaisseau Matt Woodburn, un des officiers de la salle des opérations du Charlottetown. « Dès que nous opérons avec plusieurs unités et dès que nous employons de nouvelles ressources tout en demeurant clandestins, la coordination représente toujours un de nos principaux défis. Cependant, en plaçant bien nos unités et en utilisant des moyens de communication discrets, nous pouvons grandement améliorer et maximiser l’interopérabilité au sein de la force opérationnelle. »

La coordination entre les marines alliées représente un défi en raison des différences de procédure et des problèmes linguistiques qui peuvent survenir. Cette fois-ci, cependant, le commandant du SNMG1, le commodore Ben Bekkering, des Pays-Bas, a dressé un plan qui tire pleinement profit des capacités de chaque navire. Ce plan a été distribué rapidement afin de laisser amplement le temps aux participants de se préparer.

L’équipage du Charlottetown le prépare en vue de prendre part à la supercherie en utilisant des lampes espacées pour faire passer le navire de guerre pour un bateau de pêche. La frégate canadienne prend la position avant et se prépare à prendre le Grand E par surprise.

Dans une entrevue ultérieure, le capitaine de frégate Wade Carter, commandant du NCSM Charlottetown, a expliqué le rôle de son navire dans cette mission : « Nous étions positionnés à l’avant pour permettre une détection rapide. Nous faisions office de piquet radar et de navire de garde, et nous avons envoyé notre hélicoptère, puis le véhicule aérien sans pilote ScanEagle, pour détecter et localiser l’ennemi rapidement alors qu’il empruntait le détroit de Gibraltar pour passer de l’Atlantique à la mer Méditerranée. »

Les autres frégates du SNMG1 (De Ruyter, Rheinland-Pfalz et Álvaro de Bazán) se dispersent et attendent patiemment, missiles prêts, en traquant l’ennemi à l’aide de leurs détecteurs passifs et des rapports du Charlottetown. Ils attaquent un peu avant l’aube, envoyant une salve simultanée (et simulée) de missiles qui submerge le groupe aéronaval d’attaque.

Une fois la tâche de détection et de signalement du Charlottetown terminée, l’officier de la salle des opérations observe l’écran de son système de commandement et de contrôle alors qu’il se remplit des tracés des attaques (simulées) de missiles surface-surface visant le Vicksburg et l’Enterprise.

Ce qui peut sembler comme un jeu aux yeux d’un profane est en réalité très sérieux. Les marines modernes jouent un rôle crucial dans la sécurité maritime, un élément essentiel de la stabilité régionale, de la protection de nos intérêts nationaux à l’étranger et de la paix internationale en affrontant une vaste gamme de menaces. Des exercices comme la bataille simulée entre le groupe aéronaval d’attaque du USS Enterprise et les frégates du SNMG1 permettent de perfectionner les réactions et les tactiques défensives du groupe et de chaque équipage.

Alors qu’ils célèbrent leur victoire (simulée), les équipages des quatre frégates de l’OTAN savent qu’ils ont eu de la chance : c’était une journée d’interdiction de vol pour le groupe aéronaval d’attaque.

Le NCSM Charlottetown est actuellement déployé dans le cadre de l’opération Metric, la participation du Canada aux efforts internationaux visant à améliorer la sécurité dans la mer Méditerranée et dans les environs. Depuis la mi-janvier, cette frégate, dont le port d’attache est Halifax, est intégrée au 1er Groupe de la Force navale permanente de réaction de l’OTAN et affectée à l’opération Active Endeavour.


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Date de modification :
2012-04-10